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09 mai 2016

Interview Raphaele Gauducheau, Directrice BU Entreprises et International de l'AFPA Conseil RH, Recrutement, Outplacement

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Raphaële Gauducheau a rejoint  l’Afpa en novembre dernier pour créer Afpa Entreprises, la filiale de l’association dédiée aux activités de formation et de conseil auprès des entreprises. L’occasion de revenir avec elle sur cette nouvelle offre, rendue nécessaire par l’évolution du besoin des entreprises en matière de formation.

 

NomiOne : Qu’est-ce qui a poussé l’Afpa à créer cette filiale dédiée aux entreprises ?

Raphaële Gauducheau : L’Afpa va passer en 2016 du statut d’association vers celui d’EPIC. Dans ce cadre là, il a été demandé à l’Afpa de séparer ses activités ayant un caractère concurrentiel. Il s’agit également de valoriser notre savoir-faire en matière d’ingénierie, de conseil en évolution professionnelle et même de conseil RH au sens large.

 

NomiOne : La création de l’Afpa Entreprises répond-elle également à une nécessité ?

Raphaële Gauducheau : Oui, car elle permet de développer une offre plus adaptée. L’Afpa était réputée jusqu'à présent pour proposer des formations longues, des cours certifiants, menant à des titres professionnels. Or, les entreprises ont besoin de formations plus courtes, avec des modules qui durent 1 ou 2 semaines. Il y a une obligation de réactivité, les salariés doivent pouvoir entrer en formation à tout moment et au plus près de leur lieu de travail.

Cela répond également à une exigence d’autonomie des salariés dans le développement de leurs compétences. La législation autour de la formation professionnelle a évolué avec la mise en place du CPF (Compte personnel de formation). Il fallait adapter l’offre pour que les employés qui partent en formation puissent progressivement acquérir la reconnaissance de blocs de compétences qui, au final, mènent à une qualification professionnelle reconnue.

 

NomiOne  : Comment se passe la mise en place de cette nouvelle organisation de l’Afpa ?

Raphaële Gauducheau : Nous avons recruté, créé des métiers de conseil pour les entreprises et les salariés. Avec des équipes dédiées, qui maîtrisent les rouages extrêmement complexes de la formation et de son financement. C’est l’une des priorités : aider les PME et les salariés dans cet univers complexe qui est celui de la formation en France.

 

NomiOne  : Il y a donc un besoin spécifique pour les PME ?

Raphaële Gauducheau : Un grand groupe, par sa taille et la variété de ses missions, permet à ses salariés d’avoir un véritable parcours professionnel. Il investit beaucoup en formation, assure le développement des compétences de ses salariés et est, de fait, un ascenseur social. Mais une société moins importante ne peut pas offrir cette mobilité professionnelle. Il faut dès lors permettre à ses salariés d’évoluer à l’extérieur de l’entreprise.

 

NomiOne  : A quel point cet enjeu de la formation est-il déterminant pour l’économie française ?

Raphaële Gauducheau : J’étais précédemment directrice générale de Right Management dont l’activité principale était d’accompagner les personnes ayant perdu leur emploi. J’ai vu beaucoup d’entreprises en restructuration, amenées à licencier des collaborateurs parce qu’elles ne pouvaient plus offrir de métier correspondant à leur formation initiale. Pour moi, l’élément déterminant pour la compétitivité des entreprises françaises est la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC).

C’est tout ce que l’on va pouvoir mettre en œuvre pour permettre aux salariés d’assurer les nouveaux métiers nécessaires à leurs entreprises. Si ces entreprises n’organisent pas la reconversion de leurs équipes, elles seront obligées de licencier et feront, en plus, face à un déficit de talent sur ces métiers spécifiques. C’est là que la formation est déterminante. Elle doit permettre aux entreprises de disposer, en continu, des compétences nécessaires pour dérouler leurs plans stratégiques.

 

NomiOne  : Comment cela se traduit-il au niveau de l’offre de l’Afpa ?

Raphaële Gauducheau : Nos clients nous font part de leurs besoins en matière  de formation, évidemment, mais également de plus en plus en matière de recrutement. Nous évaluons les compétences qui leurs sont nécessaires, nous faisons du sourcing de candidats et nous concevons des formations spécifiques et adaptées.

Par ailleurs nous employons 300 consultants sur l’autre partie de notre métier : le conseil en évolution professionnelle. Nous proposons au salarié une photographie de sa situation. Puis nous recueillons ses aspirations professionnelles, que nous comparons ensuite aux besoins de son entreprise pour lui permettre d’évoluer. 

Source Photo : AFPA